Permettre aux Sénégalaises d’accéder aux produits biologiques en fonction de leur pouvoir d’achat, c’est le vœu de la Fédération nationale pour l’agriculture biologique (Fenab) qui a initié un projet d’étude de faisabilité pour la certification des produits biologiques par la mise en place d’un Système participatif de garantie (Spg), avec le label «Bio Sénégal».

Cela va permettre aux producteurs biologiques de fournir aux consommateurs de produits biologiques de haute qualité alimentaire et nutritive auto-certifiés au Sénégal et dans la sous-région ouest africaine, selon le président de la Fenab, Doudou Diop, qui présidait, mardi à Thiès, une réunion de restitution de l’étude de faisabilité organisée par son organisation. Une occasion pour lui de mettre en relief l’importance dudit projet, lequel, dit-il, va «aider les populations sénégalaises consommatrices de produits biologiques d’avoir un accès facile à ces produits de qualité, mais aussi d’arriver à faire le consensus autour du label : le Label Bio-Sénégal». De l’avis de ce promoteur, «les petits producteurs bio ont des difficultés pour accéder aux produits bio certifiés. C’est pour cette raison que la Fenab qui regroupe plus de 30 mille producteurs a jugé nécessaire de travailler sur un label qui sera beaucoup plus accessible au niveau des producteurs comme des consommateurs». C’est dans ce cadre, avec l’accompagnement de partenaires financiers, indique-t-il, que «nous sommes arrivés à travailler sur un état des lieux de la production au niveau du Sénégal pour voir la faisabilité de ce système de garantie participatif».

Le résultat de l’étude de faisabilité montre, à en croire Joelle Katto-Andrighetto, qu’effectivement, les conditions au Sénégal sont réunies pour s’engager dans l’élaboration d’un label national pour l’agriculture biologique : «Bio Sénégal». Un système qui implique, aux yeux de ce membre de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique, l’ensemble des acteurs de la filière biologique depuis les producteurs jusqu’aux consommateurs, en passant par les Ong, institutions publiques, acheteurs, transformateurs. Un système basé sur la participation et la transparence. En mission d’évaluation et de faisabilité sur les systèmes participatifs de garantie au niveau du Sénégal, Mme Katto-Andrighetto soutient qu’il s’agit là d’un système de certification alternatif à la certification par tiers. Des systèmes en développement dans le monde appuyés par sa fédération au niveau technique et des ressources pour soutenir «le petit paysan» et lui permettre en même temps d’avoir accès à un label biologique au niveau national. Pour réussir un tel système, renseigne la représentante de la Fédération internationale des mouvements d’agriculture biologique, «il faut d’une part mettre l’accent sur la commercialisation, en offrant des débouchés aux paysans, mais aussi impliquer l’ensemble des acteurs, notamment l’Etat du Sénégal pour informer sur  l’intérêt de ce système». Pour réussir une telle mission, le coordonnateur national du Fenab, Ibrahima Seck, a demandé au président de la République, Macky Sall, de soutenir l’agriculture biologique afin que chaque Sénégalais puisse consommer sain, et que les générations futures puissent avoir des produits sans poison, sans pesticides chimiques, encore moins d’engrais chimiques.

Source: Le Quotidien

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Agriculture biologique : Un label national en chantier

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